Mes souvenirs
doux-amers
Quand j’étais
gosse, j’avais le temps heureux avec mes parents, mon frère et mes quatre sœurs.
J’étais très « chanteuse », choyée à la maison et bonne élève à l’école
(ma sœur m’a appris l’alphabet et les nombres bien avant que j’soie allée à l’école).
J’avais la personnalité douce et timide et les gens me trouvaient sympa. Par contre,
personne ne pouvait imaginer que j’avais également une ambition forte de
découvrir le monde et toutes les nouvelles choses qu’il cachait.
Un jour, j’étais
dans un petit village qui, pour la petite fillette comme moi, représentait un
espace magique à découvrir. Il faisait merveilleusement beau. Le village était
vivant avec le soleil vibrant des chants d’oiseaux. Je pensais que j’étais la
seule à voir le monde et à pleurer du bonheur en regardant le lac scintiller et
en dansant du plaisir. Le monde autour était comme une belle histoire d’une
princesse que j’étais. Comment pouvais-je arrêter mes pieds qui ne connaissaient
pas de fatigue? Plus je marchais, plus c’était excitant, je me sentais une vraie
exploratrice.
Tout à
coup, trois chiens-bergers ont apparus. Ils me chassaient! Oh! J’ai couru très
vite dans les épines de la vallée. Je suis tombée dans un fossé. Je priais Dieu
de me sauver. Heureusement, le propriétaire des chiens est arrivé à temps.
Suite à cet
événement, je pensais souvent au but de la vie humaine.
Quand j’avais
18 ans, pendant mes vacances, j’ai pris un cours d’anglais. Professeur Nébi
venait de terminer son baccalauréat et il était le premier à enseigner l’anglais
dans ma ville. Il nous a demandé : pourquoi nous vivons? Et ma foi, j’étais
étonnée d’apprendre qu’il y avait d’autres personnes qui y réfléchissaient
aussi. Il a expliqué que Dieu avait créé l’homme non pour qu’il Le prier seulement,
mais pour perpétuer la création. J’avais honte que je ne connaissais rien sur l’islam
même étant déjà musulmane. En lisant le Coran et la biographie du prophète
Muhammad, j’étais touchée par les hautes considérations morales de tout être
humain. J’ai décidé de devenir une bonne musulmane.
En 2003, j’ai
réalisé un rêve de mon enfance : j’ai quitté ma province de Turkistan et je suis allée étudier l’administration et
les technologies à Beijing. J’étudiais en mandarin et aussi je prenais des
cours d’anglais. J’ai oublié ma culture ouighour pour six ans. À Beijing, je
lisais beaucoup de livres islamiques et j’ai trouvé juste l’obligation de
porter des vêtements simples. Les gens n’en croyaient pas leurs yeux et riaient
de moi. Il y a toujours des gens comme ça.
En 2005, j’ai
demandé mon passeport pour voyager, pour voir d’autres pays de mes propres
yeux. Mais c’est juste le 9 septembre 2007 que j’ai pris l’avion. Le vol durait
14 heures et me voilà sur le sol canadien. Mon autre rêve s’est réalisé. J’ai
commencé à étudier en Amérique.
C’est une
expérience dont je me souviendrai toujours
